Article • dimanche 22 juin
Avez-vous déjà réalisé des torches ? Je me souviens que, pour les scouts, j’ai dû faire fondre plusieurs fois de la cire dans une casserole puis imbiber des bouts de tissus pour les enrouler ensuite autour d’un manche en bois. Cela faisait une belle torche, bien pratique pour éclairer les nuits et illuminer nos rassemblements. Nous récupérions tous les petits bouts de cires que nous trouvions ici où là, tous différents et plutôt en mauvais état, mais une fois fondus cela devenait une belle cire homogène impossible à séparer. La cire était unifiée pour accomplir une même mission : éclairer la nuit obscure... Chers amis, si je vous parle de ce petit souvenir scout, qui vous en rappelle peut-être des plus personnels, ce n’est pas pour une séance nostalgie ou pour vous parler du recyclage des cierges d’église. Non. Mais c’est pour reprendre une image qu’utilise saint Cyrille de Jérusalem pour évoquer ce qui se passe lorsque nous communions. Voici ce qu’il dit : Jetez une cire fondue dans une autre cire : l’une et l’autre se pénètrent totalement. Ainsi, lorsque quelqu’un reçoit le Corps et le Sang du Seigneur, l’union est telle que le Christ passe en lui et lui dans le Christ... Merveille de l’admirable échange où, dans l’Eucharistie, Dieu se donne à nous pour nous transformer en Lui ! Là, se trouve la nouvelle Alliance ! Chers amis, cela n’a pas suffit à Dieu de se faire l’un de nous. Il ne veut pas simplement être un ami qui se tient à nos côtés et qui partage notre misère. Il veut être plus proche encore. Il veut s’unir pleinement à notre personne et ainsi nous partager ce qu’il a de plus cher : Sa divinité. Et pour cela Il a choisi un moyen tout simple mais si déroutant pour nous : se donner en nourriture... Quoi de plus banal que de manger un bout de pain... Quoi de plus extraordinaire que de goûter à la divinité, d’y être pleinement uni... Là se trouve tout le drame de la foi où il faut apprendre à reconnaître Dieu sous un si pauvre aspect. Là est aussi la grande pierre d’achoppement de tous les orgueilleux. Car il est totalement inimaginable de penser que Dieu est réellement et substantiellement présent dans un morceau de pain ! C’est son être même qu’Il nous donne sous cet aspect... Y croyons-nous réellement ?... Ce n’est pas si facile en réalité. Je devrais plutôt dire, ce n’est pas si sensible... La foi est un acte de confiance, une adhésion à la parole d’un autre. Et cette parole se transmet de génération en génération, afin que nous puissions réentendre à chaque messe : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Et le sensible n’a rien à voir là-dedans. Chers amis, ce qui compte pour nous aujourd’hui, à chaque communion, est de savoir si nous voulons ce que Dieu veut. Voulons-nous être pleinement unis à Lui ? Voulons-nous être unis à Sa volonté ? Voulons-nous Le laisser nous saisir et ainsi accueillir Sa divinité ?... C’est cette ouverture qui laissera la puissance du Seigneur ne faire qu’un avec nous. Oui, au moment de la communion, Jésus entre tellement dans notre cœur et notre âme que nos affections et nos pensées peuvent être dites de ses affections et de ses pensées. Si quelqu’un a peu d’amour, Jésus est bien forcé de se resserrer aux étroites dimensions de cette âme et de restreindre ses dons. Nous comprenons bien alors l’intime relation entre la communion et la confession. La confession permet d’élargir tout ce qui, en nous, est trop étroit. C’est ainsi que le Seigneur pourra se diffuser et installer une communication de biens entre Lui et nous, une circulation de vie. L’âme qui accueille le Corps du Christ devient comme un sol fertile qui fait germer les fleurs et les fruits. Elle conçoit des pensées lumineuses et forme des actes d’amour. Sont-ils nôtres ? Oui, car ils naissent de notre intelligence et de notre cœur, mais pas tout seul. Ces pensées naissent de notre intelligence unie à l’intelligence de Jésus. Et ces actes d’amour naissent de notre cœur uni à son cœur, en sorte qu’ils sont à lui comme à nous... Son amour et notre amour, sa pensée et notre pensée s’élèvent mêlés l’un à l’autre, comme deux grains d’encens brûlés dans le même encensoir et n’exhalant vers le ciel qu’un unique parfum... Qu’il est admirable ce sacrement qui, comme l’eau mêlée au vin, nous unit à la divinité de Celui qui a voulu prendre notre humanité. Seigneur, donne-nous la grâce de ne jamais nous assoupir sur la contemplation de Tes mystères. Donne-nous la grâce de toujours faire l’effort, quelles que soient nos dispositions et les événements que nous vivons, de chercher à nous mettre dans les meilleurs conditions pour recevoir Ton Eucharistie et ainsi accueillir l’immense cadeau d’être uni à Toi. Amen.
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