Article • vendredi 18 avril
Chers amis, vous souvenez-nous des premières paroles du Christ dans l’évangile de la Passion que nous avons entendu ce dimanche ?.. Elles sont très importantes car elles nous indiquent une grande attitude dans laquelle nous devons vivre ces jours saints. Voici comment commence le récit en saint Luc : J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir... J’ai désiré d’un grand désir... Chers amis, contemplons cette parole magnifique qui sort de la bouche de la Sagesse Éternelle ! Le Seigneur nous présente son désir. Et quel est-il ? Manger la Pâque avec nous... Le Fils bien-aimé du Père désir être avec nous et partager ce rituel de communion et de joie pour le salut reçu. Qu’espérer de mieux ?! Durant tout le temps du carême, nous sommes guidés dans la prière par cette antienne : Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu. Mais pour ces Jours Saints, c’est une autre affaire. Pour entrer dans le Mystère de l’Amour qui se donne, il ne s’agit plus de s’armer pour un combat, il s’agit d’entrer dans le désir de Dieu... Ne regardons pas d’abord tous nos efforts, tout ce que nous avons pu accomplir dans ce temps de carême pour grandir en liberté. Ne regardons pas d’abord ce que nous avons fait pour Dieu. Mais admirons ce cœur assoiffé de notre présence. C’est toujours cela qui doit guider notre vie spirituelle : un Amour qui nous attend... Mais cela nous semble tellement impossible. C’est si grand ! Inimaginable pour nos pauvres esprits ! Comment Dieu, si Puissant, Lui qui n’a pas besoin de nous pour exister et pour être comblé, comment peut-Il vouloir s’unir à nous ? C’est au-delà du compréhensible pour nos compréhensions terrestres marquées par le péché... Nous qui ne connaissons que les intérêts dans notre manière de vivre, d’utiliser notre temps, et de nourrir les relations. Combien de fois nous disons-nous : quel intérêt ai-je à faire cela ?... Cette question n’existe pas dans le cœur de Dieu ! Chez Lui tout est mû par le désir d’être uni à ceux qu’Il aime. Et cela l’entraîne à faire des folies ! Folie de l’Incarnation. Folie de la Croix. Folie de l’Eucharistie. Folie pour les hommes, sagesse pour Dieu... Son désir d’être uni à nous l’a poussé à venir dans le monde par le sein de la Vierge Marie. Mais cela ne Lui a pas suffit. Il désirait être davantage proche et a choisi de donner Sa vie sur la Croix afin de nous partager Sa gloire. Mais son désir est encore trop grand, Il ne peut le contenir, et Il n’a pas voulu attendre pour nous partager cette Gloire du Ciel. Il a choisi alors de nous la communiquer à travers Son Corps donné en nourriture... Chers amis, c’est bien le Pain du Ciel que nous recevons à chaque Eucharistie ! C’est l’union avec Celui qui règne sur le monde. C’est déjà un avant goût du Royaume éternel ! Rien que ça !.. Quelle disproportion entre l’immensité du don et la petitesse des destinataires ! Mes amis, si nous saisissions réellement ce à quoi nous communions nous en mourrions d’amour ! Mais le Seigneur sait se cacher pour nous séduire peu à peu, pour nous faire entrer dans Son mystère. Laissons-nous être attirés par le désir ardent que Jésus a de partager cette Pâque avec nous... Il nous faut être vaincu par tant de bonté. Notre travail sur terre consiste à apprendre à accueillir. Car tout don, pour être tel, doit avoir quelqu’un disposé à le recevoir. Et cela nous incombe de savoir nous mettre dans une bonne disposition. C’est le but du carême c’est vrai. C’est le but de toute notre vie : apprendre à recevoir. Et pour cela il n’y a que l’émerveillement qui peut ouvrir nos cœurs. Puissions-nous dire avec saint Paul : L’amour me saisit lorsque je pense qu’un seul est mort pour tous ! Oui, l’amour me saisit ! Et cet amour s’exprime dans ce désir infini du Seigneur. Ce même désir qui jaillira du haut de la croix par ce cri : J’ai soif ! Chers amis, Avant notre réponse à l’invitation du Seigneur il y a son désir pour nous. Nous n’en sommes peut-être même pas conscients, mais chaque fois que nous allons à la messe, la raison première est que nous sommes attirés par son désir. Si nous pouvions écouter les cloches des églises comme étant le cri du Père qui veut nous donner son Fils, notre cœur exulterait de joie au moindre son de clochettes. Oui, le Seigneur a institué la très Sainte Eucharistie pour que chacun puisse s’unir à son Sauveur, réellement et par la manière de la nourriture. Que c’est beau... Permettez-moi de finir avec un verset du livre du prophète Jérémie qui exprime de manière magnifique ce désir de Dieu dans toute la Révélation : Je conclus avec eux une Alliance éternelle : je ne cesse de les poursuivre de mes bienfaits et je fais qu’ils me respectent profondément, sans plus jamais s’écarter de moi. (Jr 32,40).. Seigneur, donne-nous la grâce de savoir nous arrêter et de nous retourner pour t’embrasser Toi qui ne cesses de nous poursuivre de ta bonté. Que nos cœurs soient ouverts pendant ces jours saints afin d’être saisis par ton désir. Amen.
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