Article • dimanche 11 mai
Chers amis, comme vous le savez, en ce dimanche du Bon Pasteur nous prions tout particulièrement pour les vocations. Nous prions pour que, aujourd’hui, dans nos familles, des hommes et des femmes, et particulièrement les jeunes, acceptent de suivre le Seigneur dans une vocation particulière. Nous prions tout particulièrement pour les vocations sacerdotales, afin que jeunes hommes choisissent d’accepter la mission de manifester le Bon Pasteur au cœur de notre monde. C’est ce que nous avons particulièrement demandé le 1er mai à Sainte Anne d’Auray. Et nous continuons de le faire avec espérance... Mais ne nous mentons pas, ce n’est si simple de répondre à l’appel du Seigneur. Ou plutôt si, c’est très simple, mais ce qui est compliqué c’est la préparation de nos cœurs pour pouvoir répondre. Chers amis, lors de la table ronde du 1er mai, un prêtre évoquait que nous n’avions pas de crise des vocations, car vocare signifie appeler. Or, le Seigneur ne manque pas d’appeler. Ce prêtre préfère parler de crise de la réponse. C’est assez séduisant. Mais pour prolonger ces gens de mots et belles expressions pour une meilleur campagne de communication, je pense que nous pourrions simplement dire que c’est une crise de foi. La foi est un acte de confiance. La foi nous engage et nous donne la certitude que Dieu veut notre bien. Si donc Dieu veut notre bien, pourquoi craindre de tout Lui donner si nous y sommes appelés ? Mais là encore peut-être devrions nous aller plus loin et évoquer deux crises modernes : une crise de l’intériorité et une crise de la liberté. Cela peut paraître tout à fait évident, mais pour répondre à un appel il faut pouvoir l’entendre. Car Mes brebis écoutent ma voix... C’est toujours amusant lorsque, dans une foule, un téléphone sonne, tout le monde se retourne vers la personne à qui appartient ce téléphone mais il n’y a que lui qui ne l’entend pas. Oui, parfois les oreilles sont capricieuses... Avec le Seigneur il peut en être de même. Car cela s’apprend d’écouter Dieu. Cela s’apprend dès le plus jeune âge. C’est ce que l’on fait lorsque l’on essaie de développer la vie intérieure. Comment peut-on apprendre le plus tôt possible à se mettre à l’écoute du Seigneur qui nous parle au plus profond de nous ?... Sauf que pour pouvoir l’enseigner, encore faut-il en faire l’expérience. Et cela demande du temps. Cela demande une fidélité à la prière, à l’écoute de la parole de Dieu. Et cela demande une attention au silence. Il faut avouer que sur ce dernier point le monde moderne ne nous aide pas beaucoup. Nous apprenons, dès le plus jeune âge, à vivre à l’extérieur de nous-mêmes. C’est le propre d’une société de l’image. L’image ne nourrit pas l’imagination et l’intériorisation. Le bruit extérieur constant (musique, vidéos, séries, et j’en passe...) ne permet pas de rencontrer Celui qui se rend présent dans le fin murmure d’une brise légère... Il ne s’agit pas de bêtement s’opposer à la modernité, ou bien aux nouvelles technologies, il s’agit de reconnaître simplement que tout cela transforme profondément notre rapport au monde. La technologie n’est jamais neutre car elle impacte nos sens, notre manière de penser. Cela a toujours un grand impact anthropologique. Et nous devons prendre en compte cela si nous voulons suivre le Christ... Chers amis, n’espérons pas avoir de nouvelles vocations spécifiques si nous ne développons pas d’abord en nous cette vie intérieure. C’est ainsi que nous pourrons en témoigner autour de nous, notamment auprès des plus jeunes. C’est ainsi que nous pourrons entendre cet appel quotidien du Bon Pasteur. Lorsque le Seigneur nous demande de prier pour les vocations, ce n’est pas simplement pour en demander, mais pour apprendre à L’écouter... Mais ensuite, encore faut-il avoir la liberté de répondre à cet appel. Et c’est bien un deuxième soucis qui marque notre monde : la perte de notre liberté, ou plutôt, le refus de la liberté. Chers amis, combien de personnes ne se sentent pas libre de répondre au désir puissant qui habite leur cœur. Cet enfermement peut être dû aux modèles de société, mais également au modèle familial et aux ambitions parentales... Mais cela peut venir également à cause de choix fait trop rapidement, et trop tôt. Bannissons de notre vocabulaire : il faut bien essayer pour savoir si c’est pour nous ou pas. Non ! Il y a de nombreuses choses qui ne s’essaient pas et que l’on ne doit découvrir qu’une fois l’engagement pris, sinon nous perdons totalement de lucidité pour faire le bon choix, celui qui nous rendra pleinement heureux... Les publicitaires savent dire : l’essayer c’est l’adopter. Il en est de même pour des pans de notre vie, et particulièrement pour ce qui touche à la sexualité. Lorsque les sens sont trop fortement sollicités, la raison est perturbée. Pour être libre, un choix doit être fait avec beaucoup de recul par rapport à nos sens. Et là aussi, cela s’apprend dès le plus jeune âge. Combien de vocations perdus dans l’engrenage de la pornographie ou bien d’une affectivité débridée... L’apprentissage de la maîtrise de soi est essentiel pour répondre à l’appel de Dieu. Et c’est cela qui nous ouvre à une joie extraordinaire, plus profonde, que nul ne peut imaginer. Intériorité et liberté. C’est avec ces armes que nous pourrons répondre à notre réelle vocation, celle que le Seigneur ne cesse de nous redire : J’ai fait de toi la lumière des nations. Amen.
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