Article • dimanche 5 juillet
Chers amis, croyons-nous que l'Évangile nous parle aujourd'hui et répond à nos questions ? C'est bien le but de l'homélie que d'actualiser la Parole de Dieu, et c'est le but de nos méditations personnelles : découvrir que le Seigneur nous parle, nous enseigne encore aujourd'hui. Cette semaine, en méditant sur l'évangile que nous venons d'entendre, j'ai été frappé par sa lumière pour nous aider à vivre l'actualité de notre pays et de l'Église… Deux événements particuliers ont marqué notre semaine : le vote du parlement pour légaliser l'euthanasie, et le sacre de quatre évêques, sans mandat du pape, par la Fraternité Saint-Pie X… acte schismatique terrible… Mais la parole du Christ, comme toujours, vient à notre secours. L'évangile vient d'abord nous ressaisir en réaffirmant la bonté et la fidélité de Dieu. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Le Seigneur ne nous regarde pas de haut. Il ne méprise pas nos souffrances. Il les porte avec nous, Il les vit avec nous, Lui qui a traversé Sa passion. Il sait combien pèse un tel fardeau, lorsque l'angoisse de la solitude face à la mort nous saisit… Sauf que le remède du Dieu d'Amour n'est pas de supprimer la personne qui porte un fardeau ! Dans quel monde vivons-nous pour avoir comme logique que la suppression de la souffrance passe par la suppression de la personne qui souffre ? Le Seigneur sait que ce fardeau est lié à notre humanité, à notre croissance. Léon XIV, dans sa dernière encyclique, a des pages remarquables sur la limite comme grandeur de l'être humain. Il nous rappelle notamment : « Pour éliminer totalement la douleur, il faudrait, au fond, éteindre aussi l'amour et le désir. En effet, celui qui aime et désire ne peut éviter de passer par l'épreuve et la souffrance. »… Le repos que nous propose le Seigneur n'est pas la paix des cimetières, mais Sa présence d'amour qui vient transcender nos limites. Et nous-mêmes, notre mission consiste à révéler cette présence du Père auprès de tous ses enfants, particulièrement ceux qui souffrent. Dans un tout autre registre, nous avons vécu mercredi dernier le sacre de quatre évêques dans la Fraternité Saint-Pie X. Accompli sans mandat du pape, cet acte manifeste une séparation d'avec l'Église, séparation encore plus dramatique que celle de 1988, car elle vient remettre à zéro tout le travail pour l'unité que les différents papes ont cherché à accomplir depuis lors… La Fraternité se retranche derrière des circonstances extraordinaires. Notre pape a essayé, jusqu'au dernier moment, avec une grande bonté, de les décourager de poser cet acte. Mais le supérieur a persisté. C'est alors qu'il a avancé un argument étonnant : « la Fraternité a déjà été déclarée schismatique en 1988, pour des raisons et dans des circonstances absolument analogues à celles d'aujourd'hui ; et pourtant, après tant d'années, nous nous parlons comme un père avec son fils. […] Ne pensez-Vous pas que cette attitude même, dont j'apprécie profondément la sollicitude, constitue précisément la preuve que la Fraternité n'est ni schismatique ni hostile à l'Église ? »… Argument fantastique, laissant entendre que le dialogue plein de bonté que cherche à nouer le pape vient justifier leur comportement. Comme si la bonté des parents envers leur enfant après une faute venait à justifier cette faute ! Non, nous essayons seulement d'être les disciples de Celui qui a dit : « Je suis doux et humble de cœur. » Notre Seigneur ne se lasse pas d'être bon et d'aller chercher chaque brebis avec humilité. C'est là qu'Il est vainqueur ! Chers amis, le Christ nous manifeste un Dieu qui se fait petit pour rejoindre les petits et ainsi les élever jusqu'à Sa grandeur. C'est là que se trouve le joug du disciple : marcher avec Jésus chaque jour de notre vie, marcher à ses côtés avec confiance. C'est là que se trouve l'amour véritable !… Ce qui est fascinant, c'est que les partisans de l'euthanasie et la Fraternité Saint-Pie X justifient leur choix avec un même argument : c'est par amour qu'ils agissent. Par amour pour ceux qui souffrent. Écoutons ce qu'a dit le responsable de la Fraternité dans l'homélie des sacres : « C'est parce que nous aimons le pape, sincèrement, comme chef de l'Église, que nous ne voulons plus voir le pape humilié, à côté de faux pasteurs, représentants de fausses religions… C'est parce que nous aimons le Vicaire du Christ que nous ne voulons plus cette humiliation. Humiliation qui retombe sur toute l'Église : traité sur un pied d'égalité avec les fausses religions. » Incroyable ! Il avait déjà écrit au pape : « Loin de nous l'idée de nous séparer de l'Église romaine ; au contraire, nous désirons la servir par des moyens extraordinaires, comme on vient en aide à une mère en difficulté qui a besoin d'un secours particulier, même si celui-ci n'est pas compris de tous. »… Ce secours particulier, donné par amour, aboutit à la séparation d'avec la source de vie qu'est l'Église gardienne des sacrements. De l'autre côté, c'est une piqûre pour être définitivement apaisé. Dans les deux cas, l'amour dévoyé conduit à la mort car il n'est pas vécu dans l'humilité du don de soi, mais dans le désir de toute-puissance… « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. » Il n'y a que les petits qui peuvent découvrir la Sagesse de la Croix. Il n'y a que les petits qui ne bafouent pas l'amour en le mettant au service de leur désir de contrôle. Jésus ne sauve pas en supprimant la souffrance. Il ne sauve pas non plus en imposant sa vérité par la force. Il sauve en se faisant petit. C'est le seul chemin. Et c'est celui que les deux événements de cette semaine ont refusé.... Père, sois loué. Viens à notre secours afin que nous devenions, à l'image de Ton Fils, doux et humbles de cœur. Amen.
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